Home Feature Hommage à Richard Forest, décédé subitement en novembre 2025

Hommage à Richard Forest, décédé subitement en novembre 2025

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Photo by Folktographe.

Traduction de l’anglais par Dana Whittle et Claude Méthé

Une immense secousse a ébranlé la force vive qu’est la musique traditionnelle québécoise.

Le violoneux et compositeur Richard Forest est décédé subitement. Il semble que son cœur généreux ait rendu l’âme, au très jeune âge de 68 ans. Son départ laisse un vide immense.

Né à Montréal, Richard a absorbé de merveilleuses influences au cours de son parcours vers le violon traditionnel. Il s’est imprégné de la musique de son grand-père et de ses oncles, a appris le violon en autodidacte et s’est délecté des veillées de cuisine de ses jeunes années. De l’héritage familial, il a appris le « swing » essentiel pour faire danser. Que ce soit pour les danseurs de gigue, les danseurs de quadrille ou les danseurs de contredanse, son style « swing » faisait toujours voler les pieds du plancher.

Toute sa vie durant, Richard a partagé ses dons musicaux généreusement, composant, enseignant, jouant pour les danseurs — il ne pouvait tout simplement pas s’empêcher de sourire, de faire de la musique et de partager sa bonté éternelle avec tous ceux qui l’entouraient.

Richard était au cœur du patrimoine vivant au Québec, vraiment bien connu et absolument vénéré par les gens de sa province natale. Un immense déferlement de messages de condoléances est envoyé à sa conjointe, Edith Baragar, et à sa fille, Marjolène Forest.

Pendant plus de trois décennies, Richard s’est produit sur scène au Canada, aux États-Unis et en Europe, avec des groupes réputés tels que Réveillons, Tradi-Son, Bardi-Barda, Domino, La Grande Chaîne et Rapetipetam. Il était également bien connu pour avoir joué lors de spectacles de troupes de danse folklorique et de gigue.

Et, par-dessus tout, Richard était un compositeur formidable et prolifique, créant plus de 50 pièces très mémorables, dont plusieurs font partie du répertoire commun, jouées dans les sessions de violon partout. Il a enseigné dans des camps de violon tant aux États-Unis qu’au Canada, et il y a peu de violoneux qui ne connaissent pas au moins quelques-unes de ses compositions. « Berceuse pour Hannah », « Reel de Mattawa », « Marche des Élèves », « Reel de Montebello » et « La Valse des Bois » comptent parmi les plus belles mélodies qu’il a créées. Certains musiciens en Irlande ont adopté ses airs au point de considérer Richard comme un musicien irlandais! D’autres les ont attribués au « trad » — ce compositeur inconnu du lointain passé. Les airs sont si bien intégrés au répertoire des sessions partout.

En 2017, au Festival La Grande Rencontre, l’organisme EspaceTrad a remis à Richard le prix ALDOR, qui reconnaît spécifiquement l’engagement et les réalisations de figures marquantes de la scène culturelle et musicale traditionnelle du Québec. C’était un prix bien mérité, et Richard était ravi.

Je ne me souviens vraiment pas de ma première rencontre avec Richard. Ça fait plusieurs années qu’on « jam » ensemble au fil des ans au Festival Mémoire et Racines, que j’apprends de lui au Camp Violon Trad Québec, et que je l’accueille pour jouer des « contradance » à Toronto.

En tant que violoneuse débutante, j’hésitais à sortir mon instrument devant quelqu’un d’aussi accompli que lui, mais nous y voilà, il y a environ 20 ans, dans l’air de minuit du site du Festival Mémoire et Racines, longtemps après la fin des spectacles de scène pour la soirée. Pendant un moment, c’était juste Richard et moi, jouant un air ensemble, lentement comme seul un débutant peut le faire, et il souriait tout ce temps, m’encourageant.

Violoneux, compositeur et âme douce, Richard Forest a démontré l’humilité que seul un maître peut évoquer. Il nous manque déjà énormément.

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